JE SUIS UN IRONMAN !! (Hambourg 140.6) en 11H06

L’AVANT COURSE

Accompagné de Marjorie, Théo et de ma femme j’ai embarqué à l’aéroport de Nice direction Hambourg pour mon premier Ironman !
Dans l’avion, je repense à comment toute cette histoire a commencé…

C’était il y a tout juste 1 an.
Je faisais mes premiers pas dans le monde du triathlon.
Un peu trop lourd, ne sachant pas nager, c’est au mois d’aout 2016 que je participe à un Triathlon M (distance olympique : 1,5km de Natation / 40km de Vélo /10km de Course à pied).
J’ai géré cette course comme un vrai « bizuth » c’est à dire n’importe comment … J’ai fini la partie course à pied complètement déshydraté à moins 9km/h. Avachi par terre après la ligne d’arrivée, j’en avais vraiment bavé … Et la ça été le déclic !
Le triple effort a eu raison de moi. Ce sentiment de dépassement de soi, d’être allé au bout de soi même… J’ai adoré ça !

C’est décidé, dans 1 an je serai un IRONMAN !

C’est allé très vite en fait … Quelques jours plus tard je me suis inscrit en club chez les « Sardines » triathlon de Marseille, une vraie grande famille de passionnés, toujours plein de bons conseils.
Aujourd’hui me voilà dans l’avion pour Hambourg dans le but de devenir « Finisher » de cette course folle :

3,8 km de Natation
180 km de Vélo
42,2 km de Course à pied

Un IRONMAN 140.6 (soit la distance totale en « Miles » des trois disciplines réunies)
Nous sommes 10 athlètes du club à faire le déplacement. La plupart ayant à leurs actifs déjà un voir plusieurs Ironman. Je me sens « tout petit » face à ces athlètes qui vont se lancer dans cette course avec pour objectifs des chronos qui inspirent le respect.

Moi ce que je veux c’est Finir, oui finir … Mais attention, je ne veux pas mettre 16H non plus… (temps limite pour franchir la ligne)

J’ai un peu moins d’un an de pratique en triathlon, mais durant cette unique année de préparation, je me suis beaucoup entrainé (de mon point de vue en tout cas).
Pas question d’exploser en plein vol et de « finir » tant bien que mal. Sans parler de chrono, je veux faire une « Belle » course, une course dont je serai fier et qui ne laissera pas de place aux regrets.

Je veux devenir un Ironman pour prouver que je peux relever n’importe quel défi si je le souhaite. C’est un peu prétentieux d’annoncer ça comme ça… Mais ce n’est pas le regard des autres qui m’importe, c’est à moi-même que je veux prouver ce dont je suis capable.

 

J-1 Samedi 12 aout

Il pleut des cordes depuis que nous sommes arrivés à Hambourg…

Je commence à légèrement angoisser. Même si pour demain la météo semble plutôt être optimiste. S’il pleut, cela voudrait dire : redoubler de vigilance à vélo pour ne pas faire une mauvaise chute, faire un marathon avec les chaussures trempées et alourdies par l’eau (comme si ce n’était déjà pas assez difficile). J’essaie de chasser ces pensées de ma tête, on verra bien demain.
Mon inscription est finalisée. Nous retrouvons Camille (qui sera au départ de la course demain) et Marie sous la tente merchandising Ironman. Je craque sur tous les vêtements et goodies que je vois. Tee-shirt de la course (avec les noms de participants derrière), Sac à dos et même un plat à cake !!! Bein oui pour faire mon gâteau sport le matin de la course c’est la classe non ? ^^
Camille a déjà participé à l’Ironman de Nice l’année dernière avec le club, il me donne les derniers conseils dont j’ai besoin et me tient un discours rassurant.
D’autres amis du club nous rejoindront par la suite (Sabri, Bertrand, Yann et David).
Après avoir un peu trainé, je décide de rentrer à l’appartement pendant que les autres vont faire un petit tour dans Hambourg. Sur le retour, des douleurs aux genoux et aux chevilles se manifestent. Au lieu de m’inquiéter je souris, je sais que mon corps n’en peut plus d’attendre lui aussi et c’est pour ça qu’il s’exprime. Je sais très bien que dès demain ces douleurs auront disparu.

Arrivé à l’appartement, Je suis rentré dans ma course. Je suis mon rituel habituel à la lettre. Repos complet jusqu’au dépôt du vélo en fin d’après midi. Préparation et vérification de tout mon matériel avec ma « check list » vérifiée au moins 10 fois sur mon téléphone. Je dois prendre mes repas et collations dans les tranches horaires que je me suis assidûment fixées. Je me balade avec ma bouteille d’eau depuis 4 jours pour être sûr de ne jamais avoir de sensation de soif.

Durant cette dernière semaine j’ai fait le plein de glucides, je me suis reposé…
1 séance de natation, 2 sorties running très courtes => voilà à quoi se résume mes 7 derniers jours d’avant course. Le but était d’arriver ici les batteries pleines et le mental à bloc. C’est chose faite, l’envie de prendre le départ me démange depuis un moment… je n’en peux plus d’attendre.
Il est 17H30, avec les membres du club on s’est tous donné rdv au parc à vélo pour aller déposer nos « bolides » en même temps et en profiter pour  prendre une petite photo de groupe.
Il pleut toujours … Théo qui a fait le déplacement pour me soutenir m’a offert un « kaway » pour vélo afin qu’il puisse passer la nuit au sec ^^

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Les « Sardines » à la veille du départ
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Merci Théo pour mon vélo ^^

Je positionne mon vélo sur son emplacement, le 833 comme mon numéro de dossard, Karen et Marjorie sont de l’autre coté du grillage (elles n’ont pas le droit de rentrer avec moi dans le parc), abritées sous leur parapluie, elles m’observent en train de galérer pour recouvrir mon vélo de sa fameuse protection.
C’est bon tout est prêt.
Il est temps de rentrer dormir un peu avant de revenir demain matin…

 

Jour – J dimanche 13 aout IRONMAN

Le réveil sonne, 4H20 du matin.

Etonnamment surpris d’avoir aussi bien dormi. Je me suis couché très tôt la veille, aux alentours des 22H30.
Fin prêt pour attaquer cette (très) longue journée qui m’attend. Je prends mon petit déjeuné sans me précipiter, gâteau sport sans gluten préparé la veille, yaourt fromage blanc zero %, banane. Ce repas, je l’ai testé sur plusieurs sorties longues et c’est celui qui me réussi le mieux, alors pas question d’innover le matin de la course.
Karen, Marjorie et Théo se lèvent quelques minutes après moi.

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Mon beau gâteau sport (Bio et sans gluten) ^^

« Ca va tu te sens prêt ? Pas trop stressé ? »
« J’ai bien dormi tout va bien les copains »
Dernière vérification sur ma check list, j’enfile ma Tri-fonction et m’habille chaudement pour le trajet en métro jusqu’au départ. Il faut dire qu’il fait à peine 10 degrés dehors … Je commence à me dire que sur le vélo je vais me geler si la température ne monte pas un peu. Je mets une veste sport sans manches dans mon sac de transition mais cela risque de ne pas suffire.

 

5H10, nous quittons l’appartement en direction du centre ville d’Hambourg où se trouve la ligne de départ aux abords du lac Alster.

Durant le trajet, je lis tous les messages d’encouragements que j’ai reçus, textos, messages Facebook et Instagram. Je suis très touché par toute cette mobilisation de mes amis, et des personnes qui me suivent. Je reçois même une vidéo sur WhatsApp … Tiens, qui cela peut bien être ?

C’est Marine Leleu en personne ! (Célèbre Youtubeuse sportive, plusieurs Ironman à son actif). Dans son message elle me souhaite bonne chance pour mon 1er Ironman. Elle me conseille de profiter de cette superbe journée et d’en apprécier chaque instant même si je vais forcément me demander à un moment ou un autre « Qu’est ce que je fous là ».

C’est mon ami Cédric (le mari de Marjorie, présente sur place) qui a manigancé tout ça. N’ayant pas pu se libérer pour venir à cause de son travail, il a contacté Marine Leleu pour lui demander de me faire une petite dédicace ^^ (encore merci Cédric).
Je me dis que je n’ai pas le droit de décevoir tous ces gens qui croient en moi, Il va falloir assurer !

Me revoilà dans le parc à vélo, en train de poser mes bidons d’eau et boisson d’effort. Je range mes barres énergétiques dans la poche centrale accrochée sur mon cadre. Mon compteur est également en place. Je sors du parc pour rejoindre ma femme et mes amis aux abords du lac. On commence à y voir plus clair, le soleil (oui oui le soleil !) ne va pas tarder à se lever. Le départ est prévu à 6H40 pour les pros, suivi des AG (age group) en « rolling start » (départ par vagues d’athlètes) à partir de 6H50.

J’enfile ma combinaison méticuleusement. Crème anti-frottement au niveau du cou et sur les extrémités de la combi pour l’enlever plus facilement à la sortie de l’eau. Bonnet, lunettes, tout est en place.

Je tends mon sac d’affaire à ma femme qui me fait signe de jeter un coup d’œil à mon téléphone. Elle m’a envoyé un dernier texto d’encouragement où elle me dit qu’elle croit en moi, qu’elle est ma première fan, elle sait que je vais y arriver…
Les larmes me viennent mais je ne pense pas qu’elle l’ait remarqué… Je la prends dans mes bras et lui dit que je l’aime… Je lui dois tellement de choses. Elle a enduré toute ma préparation sans jamais rechigner. Elle a même fait en sorte de toujours me soutenir quelques soient les circonstances. S’il y a bien une personne pour qui je dois me battre jusqu’au bout, c’est bien elle.
Théo et Marjorie m’encouragent une dernière fois :
« A ce soir pour le burger ! Et n’arrive pas trop tard sinon les restaurants seront fermés…^^ »
Il est temps pour moi de passer de l’autre coté des barrières.

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Moment d’émotion avant le départ ❤

NATATION => 3,8km

Différents « Sas » se présentent à moi, j’ai du mal à voir les panneaux indiquant les temps d’estimation correspondant aux zones de passage. La foule est tellement dense. Il faut dire que 2 500 personnes ça fait du monde sur la rive. Je ne me souviens plus très bien quel Sas j’ai choisi puisqu’au dernier moment je décide de me frayer un chemin jusqu’au premier tiers de la file d’attente car je n’en peux plus d’attendre. J’ai horreur de ces moments où il faut patienter… déjà que la journée va être longue…

6h39 une musique qui nous tient tous en haleine résonne. Des bruits de tambours comme si nous partions à la guerre. De longues secondes passent, il n’y a plus un bruit. Tout le monde est silencieux, les yeux rivés sur la ligne de départ. La corne de brume sonne ! C’est le départ pour les pros !

10 minutes plus tard. Les premiers concurrents (les meilleurs nageurs généralement) se jettent à l’eau ! Tout le monde applaudit pendant que les athlètes passent le ligne de départ les uns après les autres. Cela va assez vite, ce sera bientôt à mon tour de m’élancer. Je vérifie si ma puce est bien accrochée à ma cheville gauche. Ma montre Garmin est activée sur le mode « triathlon » GPS  « ON ».

Avant de sauter à l’eau, une ligne de « volunteers » (bénévoles) se dresse devant nous. Chaque athlète a droit à une petite accolade et une phrase d’encouragement avant de se lancer. Je trouve ça sympa ^^

« Be strong » me lance la personne qui me serre dans ses bras.
« Thanks a lot »
GO !!!

Je réalise le plus beau plongeons de ma vie pour franchir la « start line » (euh je plaisante bien sûr ^^ ), cela ressemblait plutôt à un hippopotame qui se jette dans la marre.
C’est parti pour 3 800 mètres de natation, soit plus d’une heure à nager au milieu de 2500 personnes toutes aussi excitées les unes que les autres.

Je trouve mon rythme assez rapidement. Je me concentre sur ma technique. Aller chercher loin devant avec la main, pousser puis tirer jusqu’aux bas des hanches tout en ayant un mouvement de rotation du corps en restant bien gainé.

Au bout de 20 minutes je ressens une petite gêne à l’épaule gauche mais rien de bien méchant. La douleur est largement supportable et puis j’avance bien. Je sens que mon rythme est bon car j’ai plutôt tendance à doubler qu’à me faire doubler. Je lève la tête pour prendre mes repères tous les 5 ou 6 coups de bras. Il est facile de se faire entrainer en suivant le peloton sans réfléchir, mais au risque de faire du chemin en plus car sur une distance aussi longue certains nagent en « zig zag ».

Ça ne rate pas, je me rends compte que beaucoup d’athlètes se font avoir. Pour moi, hors de question de lâcher la « corde » mes prises de repères récurrentes me permettent de suivre tout le temps le chemin le plus court pour me rendre à chacune des bouées.
Le Parcours est composé d’une première boucle de 2,5 km environ, suivie d’une « sortie à l’Australienne » (une dizaine de mètres à faire en courant) avant de se jeter à nouveau dans le bassin pour arriver au bout des 3,8 km.
Je me sens bien. Au premier demi tour j’ai néanmoins une légère gène au mollet gauche… J’ai l’impression que c’est un début de crampe. J’essaie de ne pas paniquer. J’active un peu plus mon battement de jambes mais rien n’y fait. Je suis à peine au premier tiers de la natation est déjà les choses se corsent. Les questions fusent dans ma tête
« Qu’est ce que j’ai mal fait ?! »
« Pourquoi aujourd’hui ?!

J’ai pourtant suivi une alimentation et une hydratation exemplaire durant ma préparation. J’ai testé absolument tout. Sauf peut être cette boisson d’attente que j’ai bu ce matin… Je me suis dis que cela ne risquait rien… J’ai certainement dû trop la doser… Je m’insulte intérieurement. Mais c’est trop tard le mal est fait.
Il doit me rester à peu prêt 50 minutes de natation à ce moment précis. Le calvaire commence…

Le reste du parcours est une vraie souffrance. Les crampes s’enchainent, mollets, quadriceps. Je hurle dans l’eau pour extérioriser ma douleur. Je n’arrive plus rien à faire de mes jambes. J’essaie tant bien que mal de continuer à battre des pieds avec les deux bâtons de bois qui me servent de jambes. Les crampes s’enchaînent les unes après les autres. Je panique pendant 2 ou 3 minutes car je me dis que si j’ai des crampes maintenant, comment vais-je survivre au reste de la journée ?! Ce n’est que le début, je ne vais quand même pas abandonner après tout le travail accompli pour en arriver là !

Je reprends mes esprits rapidement. Certes je suis en rogne car je ne pensais pas en « chier » dès le début mais il faut faire avec. J’ai la rage, je me dis que plus je suis lent, plus je vais souffrir longtemps. Il faut vite que j’en termine avec la natation. Pour la suite on verra bien…
Je redouble de force sur mes mouvements de bras pour compenser ma position loin d’être hydrodynamique avec mes jambes à moitiés pliées à cause des crampes.

J’en termine avec la 1ère grande boucle. Un bénévole m’attrape le bras pour m’aider à sortir de l’eau (je pense que s’il n’avait pas été là je me serai écroulé par terre). Je cours comme un éclopé avant de me jeter à nouveau dans le lac.
Une dernière petite boucle où je vais contraindre mon corps tout entier à donner tout ce qu’il a pour surpasser la douleur. Mes bras tournent dans l’eau à vitesse grand V.

J’aperçois la rive avec l’arche qui symbolise la fin de la natation. Je bats des jambes à fond malgré les crampes pour que le sang afflue dans le bas du corps.
La sortie de l’eau et la même que la précédente (merci aux bénévoles). J’ai peur de regarder ma montre mais je veux tout de même constater l’étendue des dégâts.

1h12 !

Ce n’est vraiment pas mal. Mes coups de bras ont vraiment fait le « taff ». J’ai bien fait de ne pas lâcher. J’avais prévu un chrono aux alentours des 1H15… Si je n’avais pas eu de crampes mon temps aurait pu être vraiment canon. Pas le temps de cogiter, il faut courir jusqu’à la première zone transition.

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à gauche de la photo, déjà dans un sale état !

Temps Final Natation : 1H12

 

Transition 1 

A la sortie de l’eau je traverse un couloir grillagé, entouré de supporters qui nous encouragent. J’arrive devant la tente où je dois récupérer mon sac dans lequel se trouvent mes affaires de vélo et où je suis « censé » déposer mes affaires de natation. Les sacs sont rangés par numéros de dossards. Je sais où se trouve le mien mais j’ai la tête qui tourne, je suis au plus mal. Je me dirige dans la mauvaise direction quand j’entends crié Théo (accompagné de Karen et Marjorie):

« Non pas par là !! A gauche !!»

Je suis dans le brouillard. Heureusement qu’ils étaient là…
La tente est pleine, pas de place sur les bancs pour s’asseoir et enlever sa combinaison. Je me change debout et trébuche au moins deux ou trois fois en me déshabillant. Je mets ma casquette « Frodissimo » (marque du champion du monde d’Ironman) offert par ma femme la veille. J’enfile mon casque, mes lunettes, mon porte dossard, chaussettes et chaussures de vélo.

Je tends mon sac de natation à un bénévole. Je suis tellement dans les vapes que je ne me suis même pas rendu compte qu’il était vide… j’ai laissé ma combinaison, mon bonnet et mes lunettes au sol… C’est la dernière fois que je les reverrai (plus de 500 euros abandonnés par terre ça fait mal …)
Je pars à petite foulée, mes chaussures de vélo au pied. J’ai environ 300 mètres à parcourir pour rejoindre mon vélo qui est tout au bout du parc…

Arrivé près de mon vélo, j’entends Karen et Marjorie m’encourager mais je les distingue à peine derrière le grillage. Je n’ai pas encore repris mes esprits.

Direction la sortie du parc, j’enfourche mon vélo juste derrière la ligne règlementaire en oubliant d’arrêter ma montre pour passer du mode Transition 1 au mode Vélo…

Temps transition 1 (Natation=> Vélo) : 07′ 14 »

 

VELO => 182 km 

 Mon compteur est bien allumé mais au bout de 2 minutes je me rends compte que j’ai oublié de stopper ma montre à la fin de la transition, j’ai donc un léger décalage… bon ce n’est pas très grave vu que la compteur vélo a lui été déclenché au bon moment.

Me voilà parti pour la plus longue sortie vélo de ma vie jusqu’ici. Je n’ai jamais parcouru 180 km à l’entrainement comme la plupart des concurrents qui participent à leur premier Ironman.
Le parcours est composé de 2 boucles de 90km chacune. Les premiers 90km seront donc une vraie découverte où je devrai prendre mes marques avant d’attaquer la deuxième boucle.

1er au 30ème km

Les 30 premiers kilomètres sont laborieux. Mes jambes sont lourdes, je n’ai qu’une seule envie : m’arrêter pour m’étirer. Les crampes ont fait de sacrés dégâts … Je me demande comment je vais pouvoir aller au bout en maintenant l’allure que je me suis fixée. Petit à petit je reprends mes esprits mais les jambes ne répondent toujours pas. Je profite de la moindre petite descente pour m’étirer les mollets en changeant de position sur le vélo. Ça me soulage un peu.
Je prends ma première barre énergétique et bois abondamment pour tenter d’écarter la douleur des crampes.
On a de la chance pour le moment, il ne pleut pas et la température n’est pas trop fraiche.

31ème au 90ème km

Je me sens enfin mieux !

Les jambes sont beaucoup moins lourdes qu’au début. J’ai trouvé mon rythme. Je suis allongé sur mes prolongateurs en position aérodynamique. Concentré sur ma technique de pédalage je commence à avoir une bonne allure.
Je reste prudent dans les virages. C’est le cas d’à peu près tout le monde. Personne ne veut prendre le risque de faire une mauvaise chute. La route est humide et grasse.

Je croise un nombre impressionnant de concurrents arrêtés au bord de la route pour cause de crevaison. J’angoisse à l’idée de crever. Perdre du temps « gratuitement » alors qu’on se bat contre le chrono… Je prends soin d’éviter toutes les portions de la route qui me semblent abimées ou douteuses. Mais bon je ne peux pas me permettre de « zig zagger » tout le temps non plus. Parfois lancé à pleine vitesse, dans l’incapacité d’éviter un léger accroc sur la route, je ferme les yeux et prie pour que ça passe.
Sur une portion du parcours, je croise les leaders qui sont sur le retour de la première boucle. Il passe à une vitesse incroyable !

J’ai l’impression de bien rouler, je ne regarde pas mon temps mais ma vitesse instantanée n’est pas mauvaise. Ce n’est pas le moment de faire des calculs. Pour l’instant il faut pédaler, rouler, aussi vite que je peux. Je chope 1 banane que me tend un bénévole sur un ravito, toujours dans le but d’éloigner les crampes avec l’apport de potassium.
Il y a un monde fou aux abords des routes dans les petits villages que l’on traverse. On sent bien que nous sommes dans le pays du triathlon… On dirait que les Allemands ont tous reservé leur journée pour assister à cet événement et venir supporter les athlètes. C’est beau à voir, et sur 180km on est bien content d’avoir du monde pour nous encourager.

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A fond !!!!

J’approche de la fin de la 1ère boucle, un peu avant le kilomètre 90. C’est la première fois depuis le début de la journée que je me sens bien, rassuré de voir que les kilomètres défilent et que mon cardio et mes jambes répondent comme il faut. Si j’arrive à maintenir ce rythme jusqu’au bout… c’est top.
J’entends derrière moi une voix qui m’est familière, C’est Jean Marc !

Heureux de croiser enfin quelqu’un que je connais. On échange très vite sur notre natation. Il me dit qu’il en a bavé lui aussi, mais que sur le vélo, le parcours lui convient bien.
« Bon je te laisse, les arbitres n’aiment pas trop voir des mecs qui roulent côte à côte »

Puis il prend le large à une vitesse que je ne peux me permettre de suivre. Jean Marc est impressionnant à vélo, et il a plus d’expérience en Ironman que quiconque au club.
Pendant deux ou peut être trois kilomètres je l’aperçois encore au loin mais il a vite fait de disparaître.
On arrive à la fin de la 1ère boucle en passant par le centre ville. Il y a énormément de monde. On passe un petit tunnel quand à la sortie, j’entends mes trois supporters crier mon nom. Ils brandissent une banderole avec un message d’encouragement ^^

91ème au 180ème km

Je suis à la moitié du parcours vélo. Je sors de la ville à nouveau pour rejoindre les grandes routes de l’arrière pays. C’est là que les choses se corsent… Le vent s’est levé et on l’a en pleine face ! J’ai l’impression d’être à l’arrêt même sur les parties plates !

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bizarrement je ne suis plus sur les prolongateurs avec ce vent…

Le compteur affiche une vitesse inquiétante. à chaque bosse je relance la machine comme je peux, debout sur les pédales. Beaucoup de monde me double, je semble souffrir beaucoup plus de ce vent que la plupart des concurrents.
Je n’ai plus beaucoup de souvenirs de cette partie de la course car j’ai souffert tout le long. Les vélos de « chrono » continuent de me doubler de manière hallucinante. ça commence à sérieusement m’énerver !

J’appuie de toutes mes forces sur les pédales. Tant pis pour le marathon, si je ne donne pas tout ce que j’ai sur le vélo, je vais perdre toute mon avance. Je choisis de ne pas penser au moment où je vais poser mon vélo… Je risque fortement de le regretter, mais je n’accepte pas de subir ce qui m’arrive.
Le temps me paraît infini… Je dépense tellement d’énergie que je dois prendre deux barres à quasiment 30 minutes d’intervalles. J’ai les quadriceps en feu. Je relance encore et toujours dans les bosses en y mettant toutes mes forces. Je ne regarde plus ma vitesse, cela a un effet anxiogène sur moi. Je préfère tout donner dans la bataille.

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En pleine relance ! j’ai passé une bonne partie de mon temps debout sur la 2ème boucle

Vers le 140ème kilomètre, la situation se stabilise. J’ai le vent de coté, les écarts avec les athlètes que j’ai en ligne de mire se figent. Je tiendrai ma position sur les prolongateurs jusqu’à la fin, malgré la douleur ressentie aux épaules et dans les cuisses. Il faut dire que je ne suis jamais resté aussi longtemps sur les prolongateurs. La cage thoracique est comprimée, la respiration est difficile. Cela coûte pas mal d’énergie mais le gain en vitesse est bien notable.
J’en vois le bout… Retour dans le centre ville je suis au 180ème kilomètre… Pourtant le parcours n’est pas fini. Apparemment il y a du « rabe »… super.

2 kilomètres plus tard j’aperçois la zone de transition. Je n’en pouvais plus d’avoir le cul sur la selle ! Descendre du vélo va être une vraie délivrance.

Je regarde ma montre : 5H48 ! soit une vitesse moyenne de plus de 31 km/h.

Woaw si on m’avait annoncé ça… Jamais je n’y aurais cru ! J’ai roulé bien au delà de mes espérances. Je devrais me réjouir d’une telle performance mais j’ai tellement puisé dans mon énergie que les 42km de course à pied risquent d’avoir raison de moi… Je me vois déjà marcher au bout de 3km… Dans ma tête je suis presque dépité. Comment vais-je m’en sortir ?

« Bon allé, Plus qu’un marathon… »

Temps Final Vélo : 5H48

 

Transition 2

Je pose mon « Canyon », emplacement 833. Chaussures de vélo encore aux pieds, je me dirige en courant (ou du moins en essayant) vers la tente de transition en attrapant au passage mon sac « Run »

Je sens que les muscles de mes jambes sont congestionnés, durs comme du béton. A ce moment précis, réaliser un bon marathon me semble impossible. Je me souviens du marathon de Paris en avril dernier que j’avais bouclé en 3H48. Sauf que là je viens de me taper 3,8km de natation et 180km de vélo ! Cela fait plus de 7H que mon cœur et mon corps souffrent.

Je sors de la tente, mes running aux pieds, armé de ma visière « Ironman » toute neuve, mes 4 gels dans la poche arrière de ma Tri-fonction.

Je me souviens des paroles que Bertrand a prononcé hier « l’Ironman se joue au 20ème km du marathon » j’ai comme l’impression que pour moi, il va se jouer dès maintenant…

Temps transition 2 (Vélo=> Course à pied) : 06′ 06 »

COURSE A PIED (MARATHON) => 42,2 km

Dès le premier virage je tombe sur Karen, Marjorie et Théo. Jusqu’ici mes temps sont bons voir « très bons » mais mon visage fatigué affiche une détresse qui ne ment pas. Je sens de l’inquiétude dans leurs regards et dans leurs encouragements. Mon état critique ne leur a pas échappé.

Le parcours se présente sous la forme de 4 boucles de 10,5 km environ. Je vais donc passer 4 fois devant eux. C’est plutôt une bonne nouvelle.

1er au 10ème km

 Je me lance sur la seule étape de la course où je peux dire que j’ai de « l’expérience ». Avoir participé au Marathon de Paris quatre mois auparavant est censé m’avoir servi de leçon pour ne pas répéter les mêmes erreurs.
Il y a un ravitaillement tous les 2 kilomètres. Pas question d’en rater un seul !

Dès le début j’essaie de retrouver le rythme que j’ai travaillé à l’entrainement. Les fameux 180 pas par minute. La foulée la plus économique et la plus performante qui soit. Je ne sais absolument pas à quelle allure je cours. Après le vélo, ma sensation de vitesse est complétement faussée. Je suis néanmoins agréablement surpris par mes jambes. Ce n’est pas la grande forme certes, mais il semblerait que ma foulée reste propre et un regain de fraicheur se fait sentir.
La montre sonne au 1er km et affiche une allure plus que convenable. Je ne m’emballe pas non plus, il reste 41km…
Le 1er ravitaillement arrive et ma routine se met en place :

  • 1 verre de boisson Iso
  • 1 verre d’eau
  • 1 coup d’éponge sur la nuque
  • 1 quart de banane (tous les 4 ou 5 ravitos)
  • 1 gel toute les 45min

Le parcours grouille de supporters, il y a beaucoup plus de monde que lors du marathon de Paris. C’est incroyable de voir autant de mobilisation. Je suis également frappé par la qualité de l’organisation à l’allemande sur les ravitaillements. On ne perd pas de temps, tout nous est accessible à bout de bras, les bénévoles font un travail exceptionnel. J’essaie de les remercier le plus possible quand un son veut bien sortir de ma bouche.

Je passe devant Marie (la petite amie de Camille qui doit certainement être loin devant) et Nadia (la femme de Jean-Marc). Elles donnent de la voix dès lors que je passe devant elles. D’autres supporters des « Sardines » sont postés à des endroits stratégiques du parcours. C’est vraiment galvanisant de les croiser aussi souvent. J’ai l’impression que le temps passe plus vite grâce à eux (Merci encore à vous toutes).

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Concentré…

La physionomie du parcours me donne l’occasion de voir tous les gars du club car nous nous croisons régulièrement. Le premier que j’aperçois c’est Camille, il est en train de sortir une grosse course (ça ne manquera pas il finira avec un superbe chrono). On se fait signe et on s’encourage mutuellement.

J’en finis avec le premier tour, qui passe beaucoup plus vite que prévu. Les sensations sont pour ainsi dire très bonnes ! J’ai de nouveau le sourire (je ne sais pas si je l’ai déjà eu depuis le début de la course en fait…) Je cherche du regard ma femme, Marjorie et Théo mais je ne les trouve pas…

11eme au 21ème km

« Merde j’ai du les manquer »
Je suis déçu car cela veut dire que je ne les reverrai pas avant le 21ème km…
J’apprendrai à la fin de la course que je suis passé devant eux, mais je n’ai pas entendu leurs cris tellement le brouhaha était fort le long des barrières avec la foule de supporters.

Je suis d’autant plus déçu de les avoir raté car pour une fois que je me sens bien, j’aurai bien voulu qu’ils voient ça…
Le deuxième tour est certainement le meilleur. Je suis toujours sur mon rythme, ma foulée ne se détériore pas. Et cerise sur le gâteau, je commence à me dire que je suis capable d’aller au bout en tenant ce rythme… Je ne l’explique pas, je ne saurais dire pourquoi après plus de 9h d’effort je me sens aussi bien. Ou peut être bien que si je le sais… Cette année je me suis infligé des volumes d’entrainement toujours plus délirant semaine après semaine. Notamment en course à pied où mes plus petites semaines d’entrainement affichaient 50km au compteur. J’ai fait endurer à mon corps des séances biquotidiennes durant les 5 derniers mois. Serait-il en train de me récompenser pour ce travail si durement accompli ?

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Je vais me le faire lui devant… ^^

Une chose est sûre, de plus en plus de concurrents se mettent à marcher autour de moi, je dépasse énormément de monde, des athlètes explosent les uns après les autres. Et moi je suis toujours là…
Je passe enfin devant mes amis, tape dans la main de ma femme. C’est reparti pour un tour…

21eme au 31ème km

Je croise Sabri qui Kevin qui courent côte à côte dans l’autre sens, Ils sont au premier tiers du marathon. Je verrai plus tard Bertrand et Yann mais je ne suis plus capable de dire à quel moment précis cela s’est passé. Ils font également une très belle course tous les deux.
Je continue ma progression toujours avec le même rituel sur les « ravito » et ça à l’air de me réussir. En ligne de mire je vois Jean-Marc, je finis par le rattraper.

« Allez Jean Marc !! » je suis tellement heureux d’être à ses cotés.
« Oh ! C’est bien Sébastien continue comme ça ! »

Je poursuis ma chevauchée, toujours dans un état de grâce.
Je commence cependant à être gêné par ma vessie qui est pleine, il va falloir que je fasse un arrêt rapide au stand. Cela fait deux fois que je passe devant des toilettes postées au début de chaque ravito mais elles sont constamment occupées… Je serai finalement libéré quelques minutes plus tard. Je perds seulement 30 secondes dans la manœuvre. Je repars de plus belle, toujours le couteau entre les dents, bien décidé à ne pas flancher.

La fin du troisième tour est proche, Je franchis le 30ème kilomètre en faisant un point rapide sur mon état de forme. Je repasse devant Marie qui se mettra à courir à mes cotés pendant quelques secondes pour discuter avec moi et vérifier mon état (Merci Marie ^^).
Ma foulée n’est plus aussi légère qu’au début du marathon mais tout semble tenir. Je repère facilement les visages de Karen et des autres qui dépassent de la foule, sur le coté gauche de cette longue allée qui marque le début du 4ème tour…
En passant devant eux je leur lance :
« Dernier tour !!? » Une affirmation, mais aussi une question.
Comme pour me rassurer je voudrais qu’ils acquiescent, que je suis bien à 11 « petits » kilomètres de l’arrivée.
J’ai un peu du mal à y croire. Certes c’est loin d’être terminé, mais être arrivé jusqu’ici après toutes ces péripéties que j’ai subies depuis ce matin 6H50… Et je suis encore debout.
« OUI OUI !! Dernier tour allez !!  »

Ma requête a été comprise ^^ Je serre le poing. Rien ne pourra m’arrêter je vais les « avaler » ces derniers kilomètres.

32eme au 42ème km (FINISH LINE)

 Peu de souvenirs me reviennent sur ce dernier tour.

Je sais simplement que je me sentais sur un petit nuage. Le 33ème kilomètre derrière moi marque le moment où j’avais commencé à flancher lors du marathon de Paris. Je le passe sans encombre. Je n’ai plus peur de rien. Je sais que je vais devenir un IRONMAN… Je ne veux pas regarder mon chrono. Je sais que je suis en train de réaliser un très beau marathon mais j’aurai la surprise de mon temps final à l’arrivée.

Mon corps est une douleur ambulante mais l’adrénaline a pris le dessus. Ma tête a bien envoyé l’information à mon corps => « Tu vas aller au bout, alors cours et tais-toi »

Il reste encore 5 kilomètres quand je croise à nouveau Jean Marc qui est dans l’autre sens (il finira juste 15 minutes derrière moi).

« Allez Sébastien ! C’est super ce que tu fais ! On a fini là !  »
Oui il a raison… C’est bientôt fini.

Dans ma tête je commence à rêver. Je repense à tous les sacrifices que j’ai fait pour en arriver là. Mes entrainements toujours plus durs, mon intransigeance sur la qualité et l’équilibre de mon alimentation.
Quel sentiment incroyable de voir que les efforts ont payé.
Je pense aussi au Burger que je vais m’avaler ce soir, au gâteau de Marjorie qui m’attend à la maison et que j’avais gardé sagement au frigo …
(Et oui ça aussi j’en ai rêvé ^^)

La ligne de bénévoles est devant moi, ils vont me remettre le 4ème et dernier bracelet qui me donnera accès à la bifurcation pour la « Finish Line ».
Je passe une ultime fois devant Marjorie et Théo. Je ne sais plus trop ce que je leur dis au passage, mais je sais que je leur ai manifesté ma joie d’une manière ou d’une autre.
« Tu vas être un putain d’Ironman ! » Je crois bien que c’est Théo qui vient de crier ça ^^ J’ai le sourire jusqu’aux oreilles.

Me voilà sur le tapis rouge, l’arche d’arrivée est à moins de 100 mètres, la foule est en délire, les tribunes sur les cotés sont pleines, ça crie dans tous les sens. J’entends même ma femme, Karen hurler à ma droite même si je ne la distingue pas tellement la foule est dense ^^

Je passe les derniers mètres à sauter partout, serrer les poings, crier de toutes mes forces!
Je suis euphorique, ce moment restera à jamais gravé dans ma mémoire. Et pour couronner le tout, le speaker prend la parole et annonce au micro :

« Sébastien is coming ! GO ON applaud !!! »
«  Sébastien … YOOUUUU’RE ANNN IRONMAAAAAANNNNN !!!! »

Ce que je ressens à ce moment précis est juste INDESCRIPTIBLE ! C’est énorme… C’est encore plus fort que je ne l’imaginais. Cela fait un an que je rêve d’entendre cette phrase. C’est une fin en apothéose !

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AAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

Deux bénévoles me serres dans leurs bras à l’arrivée. Ils me remettent ma médaille de « Finisher »

J’ai arrêté ma montre …

Verdict ===============================> 11H06 !

Soit un marathon bouclé en 3H52 !!! (4 minutes de plus qu’a Paris qui était « juste » un Marathon  !). Je n’arrive pas à y croire. Une course de rêve avec un chrono magique !

11 heures et 6 minutes pour venir à bout de :

3,8km de Natation
180km de Vélo
Et 42km de Course à pied !!

Ma satisfaction est sans limite, c’est une vraie performance pour moi.

Une bénévole est chargé de m’accompagner jusqu’au  ravitaillement d’après course et m’amène devant la tente ou l’on me remet également mon Tee-shirt de FINISHER.

Je passe devant ma femme qui est de l’autre coté de grillage à travers lequel elle m’embrasse. Marjorie et Théo sont là eux aussi. Tous me félicitent et me disent que je suis un « grand malade »

La bénévole assiste à la scène, elle est toujours à mes cotés, prête à intervenir si je perds pied (rien à dire, les allemands sont vraiment les rois de l’organisation).

Elle m’entoure d’une couverture de survie. En y passant c’est vrai que je commence à me les geler. Je me dépêche de traverser la zone de ravitaillement, attrapant juste un sandwich au passage. On me montre du doigt une tente où je peux me faire masser pour récupérer « No thanks »

Je préfère rejoindre au plus vite ma femme et mes amis pour échanger avec eux sur cette journée folle.
Je les retrouve à la sortie, après avoir remercié la bénévole qui m’a demandé de lui raconter ma journée. Je lui dis que tous les « volunteers » ont été exceptionnels et que cette journée a été mémorable.

S’en ai suivi une séance photos souvenirs, avec médaille et tee-shirt. Je profite au maximum de ce moment…

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Théo, Marjorie, Karen et moi

C’est officiel… Je suis un IRONMAN… Et cette course… qu’elle était belle.
J’ai trouvé ici tout ce que je suis venu chercher. De la souffrance, du dépassement de soi et surtout… La performance au bout.

 

Remerciements

Merci à tous ceux qui m’ont envoyé des messages tout au long de ce weekend. Vous avez été très nombreux à penser à moi, vos messages m’ont vraiment touché.

Je remercie ma Femme, Karen, qui est de loin ma plus grande supportrice. C’est en elle que j’ai puisé la force qui m’a permis de réaliser cet exploit.

Marjorie et Théo qui étaient avec moi à Hambourg et qui ont joué leur rôle de soutien moral du mieux que possible. Vous avez été géniaux les copains ^^

Mention spéciale pour Cédric qui n’a pas pu être présent mais c’était tout comme ^^
Tu as trouvé les moyens les plus fous et les plus originaux pour m’encourager, merci pour toutes ces surprises ^^

Merci à toutes les « Sardines » du club
Camille, Marie, Sabri, Bertrand, Jean-Marc, Nadia, Yann et tous les autres.
Vous avez tous joué un rôle important dans ma préparation ou durant la course et je vous en remercie énormément. « Sardines, plus qu’un club »

Merci à mes parents, qui n’ont pas trop compris pourquoi je faisais un truc pareil mais qui ont respecté mon choix et m’ont suivi à distance.

Et Maintenant … ?

Et maintenant REPOS ! ^^

Je ne sais pas encore ce que je vais faire par la suite, prochain défi, prochaine course ?
Je vais savourer ce moment pendant encore quelques temps. Mon corps à besoin de récupérer après cette année très intense. Je vous tiendrai rapidement au courant de la suite.
Une chose est certaine, je n’en ai pas fini avec le triple effort…

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Merci encore à tous. A très vite pour de nouveaux défis.

SEB Run’N Ride

22 commentaires sur « JE SUIS UN IRONMAN !! (Hambourg 140.6) en 11H06 »

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